Abou Nidal de Genève, (Chanteur) : « Ce que Dezy Champion a fait pour moi »

Abou Nidal de Genève, (Chanteur) : « Ce que Dezy Champion a fait pour moi »

Au nom des artistes du coupé-décalé, le chanteur Abou Nidal de Genève et sa délégation ont exprimé leur compassion à la famille éplorée du chanteur Dezy Champion. Affligé par la disparition de son « fils », Nidal a fait parler son cœur non sans annoncer un vibrant hommage au Ronaldo du zouglou.

Quelle est votre réaction après le décès du Champion Dezy ?

Je suis abattu. Très foudroyé par cette mauvaise nouvelle. Je suis l’artiste coupé-décalé le plus zouglou. Mes meilleurs amis sont les artistes zouglou. Dezy n’est pas un ami. C’est un frère. J’étais en Suisse. A chaque voyage dans ce pays, il était avec moi. C’est quelqu’un qui aimait l’homme. On ne peut pas rester indifférent. Il a servi la Côte d’Ivoire musicalement. Il a surtout servi Dieu en tant que Pasteur. Durant la maladie de ma femme, il a fait beaucoup de prières. On est très touché. Je suis venu dire à sa famille qu’elle n’est pas seule. C’est au nom de tous les artistes du coupé décalé que je suis là.

Comment avez-vous connu Dezy ?

Par le biais de la musique d’abord en écoutant ses chansons. Quand il chante « orphelin » ou « Allons à Paris », ce sont des chansons qui nous interpellent. A travers ses chansons, on avait la nostalgie de la Côte d’Ivoire. Il a marqué une histoire du pays et surtout de la musique.

Aviez-vous des projets avec le défunt ?

A chaque concert de Dezy, j’étais présent. Même pendant la célébration de ses 20 ans de carrière, l’an dernier. En tant que directeur artistique de la nouvelle chaîne de télé Ivoire TV music, nous allons revenir sur ses 20 ans de carrière. C’est un hommage que nous voudrions lui rendre pendant quelques jours. Dezy appartenait à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique.

Votre plus beau souvenir de lui ?

Le plus beau souvenir, c’est quand il est venu en Suisse. Sachant qu’il aimait bien s’habiller, je lui ai donné une chaussure qui n’était pas à sa pointure. Il n’avait pas ouvert l’emballage. En l’accompagnant à l’escalier, je lui ai demandé d’ouvrir le sachet, il m’a dit non. Et qu’il le fera à Abidjan. J’ai insisté sachant que ce n’était pas sa pointure. Quand il a ouvert, il a vu que la chaussure était de pointure 39 au lieu de 42. On est remonté et je lui donné la vraie pointure. A chaque fois qu’il me voyait, il parlait de ce souvenir. Dezy aimait la vie. Et il était beaucoup plaisant.


Munee Fatima


Rédaction