Aboubakar Sidiki Fofana, DG Mata Holding, meilleur chef d’entreprise 2017 : Les recettes d’un management gagnant

Aboubakar Sidiki Fofana, DG Mata Holding, meilleur chef d’entreprise 2017 : Les recettes d’un management gagnant

Devant une délégation de l’Amicale des gestionnaires des ressources humaines de Yopougon (AGRH) le lundi 26 février 2018, Aboubakar Sidiki Fofana, Directeur Général de Mata Holding, désigné meilleur chef d’entreprise du Prix de l’excellence 2017, dans la catégorie Champion, est revenu sur le chemin parcouru et les initiatives hardies qui ont assuré les performances de son groupe dont le cœur de métier reste la grande distribution.

La liste est longue et les chiffres sont éloquents quand il s’agit d’énumérer les succès entrepreneuriaux accumulés depuis 2006 par Aboubakar Sidiki Fofana, DG du groupe Mata Holding.

Aujourd’hui, avec un capital de six (06) milliards de Francs CFA, un chiffre d’affaires compris entre 40 et 50 milliards, 1000 employés, il est loin l’époque où M. Fofana démarrait en 2006 avec Ivoirienne de Distribution de Tabac (IDT) d’un capital de 01 million de Fcfa, ainsi qu’avec sur ses épaules de trentenaire une dette de 06 milliards de F CFA.

Sept (07) entreprises : Ivoirienne de Distribution de Tabac (IDT), Produits Plus (P+. SARL), Produits Plus Centrale (PPC), Ivoirienne de Construction et de l'Immobilier (ICI), Assistance Contrôle et Services (ACS), Ivoirienne de Veille Technologique (IVT), ARLA Côte d'Ivoire (ARLACI).

Plus rien, en effet, ne semble pouvoir arrêter l’expansion du groupe et son DG qui sait tout transformer en opportunités d’affaires. La création de l’entreprise de sécurité ACS, partie de l’idée de mieux organiser les agents commis à la surveillance du patrimoine du groupe, est là pour en témoigner. Car si ACS réalisait les 100% de son chiffre d’affaires au sein du groupe, aujourd’hui, l’entreprise réalise 60% des 1.5 milliards de chiffres d’affaires en dehors.

Les bouillons Jumbo, Arocafé, le lait Dano, la poudre à laver Magix, les cigarettes Dunhill et Craven, etc. Pour ne citer que ces produits de grande consommation bien intégrés à l’usage quotidien des Ivoiriens.

Les enseignes CITYDIA et BON PANIER qui tissent résolument leur toile aux quatre coins du pays sont une réussite de l’entreprise Produit Plus Centrale du Groupe Mata Holding en partenariat avec l’espagnol Dia.

Les universités publiques de Côte d’Ivoire sont désormais interconnectées entre elles en visioconférence par IVT, une des entreprises de Mata Holding. Ce marché pris au nez et à la barbe de géants de la télécommunication comme Orange Côte d’Ivoire, fait bien évidemment la fierté de Aboubakar Sidiki Fofana.

Aujourd’hui, avec un capital de six (06) milliards de Francs CFA, un chiffre d’affaires compris entre 40 et 50 milliards, 1000 employés, il est loin l’époque où M. Fofana démarrait en 2006 avec Ivoirienne de Distribution de Tabac (IDT) d’un capital de 01 million de Fcfa, ainsi qu’avec sur ses épaules de trentenaire une dette de 06 milliards de F CFA.

J’hésitais à rentrer pour représenter une structure dont le volume de produits sur le marché était inexistant, alors que je venais d’avoir une promotion où je devais rejoindre l’équipe régionale à Londres pour continuer ma carrière de financier. J’avoue que j’ai dit non par trois fois 
Au commencement, l’audace 

Alors qu’il travaille pour British American Tobacco (BAT), l’un des plus importants producteurs de tabac et de cigarettes au monde, possédant notamment les marques Dunhill, Craven, Pall Mall, etc., Aboubacar Fofana est basé à Dakar en qualité de financier.

Dans un contexte de concurrence féroce où BAT où marché ivoirien est quasi fermé à ses produits, pire encore de guerre, dans un pays divisé en deux, le jeune financier se voit proposé de reprendre les affaires de la multinationale, chez lui, en Côte d’Ivoire.

« J’hésitais à rentrer pour représenter une structure dont le volume de produits sur le marché était inexistant, alors que je venais d’avoir une promotion où je devais rejoindre l’équipe régionale à Londres pour continuer ma carrière de financier. J’avoue que j’ai dit non par trois fois », confie-t-il.  

Mais devant l’insistance des plus hauts dirigeants de BAT, il finit par accepter et rentre au pays pour créer Ivoirienne de Distribution de Tabac (IDT) en 2006 avec un capital de 01 millions de Fcfa et une dette colossale de 6 milliards de Fcfa. Seule consolation, il lui est laissé tout ce qui est comme produit sur place, ainsi qu’un personnel.

En tant que manager, je n’ai fait que donner une vision et partager un rêve. Et j’ai obtenu l’adhésion de l’équipe. On ne peut construire une vision qu’avec l’adhésion des collaborateurs. La coercition et la contrainte ne peuvent en aucun cas vous aider à amener une équipe à travailler dans le même sens  
Première victoire : l’adhésion du groupe 

« J’ai eu une grande chance, c’est d’avoir trouvé sur place une équipe performante et engagée. Nous formions une vraie équipe ; nous le sommes encore aujourd’hui. Toutes les réalisations sont celles de cette équipe. En tant que manager, je n’ai fait que donner une vision et partager un rêve. Et j’ai obtenu l’adhésion de l’équipe. On ne peut construire une vision qu’avec l’adhésion des collaborateurs. La coercition et la contrainte ne peuvent en aucun cas vous aider à amener une équipe à travailler dans le même sens », soutient-il, insistant sur le fait que pour avoir une adhésion des collaborateurs, il faut avoir un système de management qui soit participatif.

Ce n’est pas parce que nous sommes une entreprise ivoirienne que nous allons délaisser les standards ou les rabaisser. Nous voulons avoir des standards qui puissent rivaliser avec ceux des plus grandes multinationales  
Le respect sans compromis des standards  

Bien qu’étant une entreprise locale, le système de management de Mata Holding, à en croire son Directeur général, est calqué sur celui des entreprises les plus avancées en la matière.

Une volonté politique du manager avant tout !

« Ce n’est pas parce que nous sommes une entreprise ivoirienne que nous allons délaisser les standards ou les rabaisser. Nous voulons avoir des standards qui puissent rivaliser avec ceux des plus grandes multinationales ».

Certifiés Iso 9101, Aboubakar Sidiki révèle avoir des manuels, des process, des systèmes de gestion dans lesquels il n’hésite pas à faire des investissements à coup de millions.

Ainsi, à Mata Holding, le budget est-il revu chaque trois mois, des réunions sont-elles ténues dans chaque département et dans chaque service, les remontées d’informations sont-elles faites scrupuleusement ainsi que des évaluations du climat sociale.

Tous les collaborateurs ont une assurance vie, systématiquement. Avec ce package, nous essayons de renforcer l’adhésion  
Une politique sociale hardie et généreuse 

Le personnel de Mata Holding figure sans doute parmi les privilégiés de la zone industrielle. En plus de garantir les éléments de motivation relatifs au salaire à son personnel, de lui assurer la couverture médicale, les dirigeants de l’entreprise s’offre le luxe d’offrir une assurance vie à l’ensemble du personnel sans aucune participation de celui-ci.

« Tous les collaborateurs ont une assurance vie, systématiquement. Avec ce package, nous essayons de renforcer l’adhésion ».

Nous sommes une entreprise jeune. On s’appelle tous par nos prénoms, on est relaxe, on n’est pas encravaté tous les jours. Chez nous, c’est la politique de la porte ouverte. Tout cela a contribué à rembourser les 06 milliards de dette en moins de 06 ans  

A cheval sur les valeurs de l’entreprise (Intégrité, Leadership, respect des personnes, Esprit d’équipe), le top management essaie de leur rester fidèle du mieux qu’il peut dans sa relation avec le personnel.

Mutuelle interne, tournoi de football, sortie détente, cafète au sein de l’entreprise, billard au sein de la cafète, concours de jeu vidéo…

« Nous sommes une entreprise jeune. On s’appelle tous par nos prénoms, on est relaxe, on n’est pas encravaté tous les jours. Chez nous, c’est la politique de la porte ouverte. Tout cela a contribué à rembourser les 06 milliards de dette en moins de 06 ans », se félicite Aboubakar Sidiki.

L’ensemble de nos équipes font des formations continues que nous finançons. Ce niveau de performance n’aurait pas été atteint si le personnel n’avait pas été recyclé au fur et à mesure. Cela a permis, en moins de 10 ans, de créer de nouvelles entités

La formation est l’un des facteurs clés de l’évolution fulgurante du groupe Mata Holding au point ou l’entreprise y consacre un budget de 20 à 25 millions sans rapport avec le FDFP. « L’ensemble de nos équipes font des formations continues que nous finançons. Ce niveau de performance n’aurait pas été atteint si le personnel n’avait pas été recyclé au fur et à mesure. Cela a permis, en moins de 10 ans, de créer de nouvelles entités ».

« Locale, mais l’esprit ouvert sur le monde », selon la formule de son premier dirigeant, Mata Holding est une entreprise fortement engagée en matière de Responsabilité sociétale (RSE).

Construction de puits, réfection d’écoles, actions sociales diverses dans l’environnement immédiat de l’usine, appui à l’alphabétisation, dons aux villages SOS, offres de bourses d’étude, etc., figurent dans la panoplie d’actions en faveur des populations. A cela s’ajoute un choix en faveur du développement durable avec une usine d’ensachage à 90% à base d’énergie solaire.

Stratégiquement, nous avons compris que nous ne pouvions pas réussir que dans le tabac qui reste un produit légal mais controversée. Nous ne voulions pas construire l’avenir de notre Holding sur ce seul produit

Le pari de la diversification

Pour une entreprise qui était initialement à 01 million Fcfa de capital, IDT a, aujourd’hui, un capital de 05,5 milliards par les réintégrations des bénéfices réalisés au fur et à mesure. D’un chiffre d’affaires de 03,5 milliards de Fcfa, l’entreprise de distribution de tabac est à plus de 30 milliards par an.

Malgré ces succès, la direction n’a eu de cesse de diversifier ses activités en s’investissant dans la Grande distribution de produits autre que le tabac ; l’immobilier ; la sécurité privée ; les technologies de l’information et de la communication...

« Stratégiquement, nous avons compris que nous ne pouvions pas réussir que dans le tabac qui reste un produit légal mais controversée. Nous ne voulions pas construire l’avenir de notre Holding sur ce seul produit ».

Avec plus de 1000 collaborateurs gonflés à bloc, 07 entreprises parfaitement intégrées dont chacune creuse efficacement et durablement ses sillons, une reconnaissance nationale, l’avenir, assurément, est Mata Holding.

Rédaction