Mariam Sy Diawara : « Le communicateur que je respecte est celui qui ne crée pas juste pour se faire plaisir… »

Mariam Sy Diawara : « Le communicateur que je respecte est celui qui ne crée pas juste pour se faire plaisir… »

Mariam Sy Diawara est la Présidente-fondatrice de la Maison de l'Afrique Montréal, Maison de l’Afrique New York et de Mandingo à Abidjan. Promotrice de l’Africa Web festival et de bien d’autres projets en faveur des jeunes et de l’Afrique, elle est une véritable icône de la Communication en Afrique francophone.

40 ans dans la communication. Que pouvez-vous nous dire sur votre parcours ?

Je suis une des premières africaines en Afrique francophone a œuvré dans la communication. J’ai commencé au plus bas de l’échelle dans ce métier dans l’agence de Publicité nationale Ivoire Média. Je suis partie en tant que Directrice. J’ai alors créé au fils des années, Univers Média, Univers Éditions/Éditions Passerelle, Univers Com, Univers Jeunes, Univers Études/Conso Data, Univers Tourisme. Toutes ces créations avaient d’abord un but social, servir la cote d’ivoire, aider l’Afrique à communiquer en fonction de sa culture, de ses cultures.

En tant que pionnière, quel regard avez-vous sur le métier de la communication ? 

La communication est un métier très dur, très difficile, et en même temps très palpitant. Se mettre entre parenthèses, s’oublier pour prendre en considération les autres, la cible de nos produits. Dur parce qu’on peut faire la meilleure créa et ne pas être choisi, surtout dans les contrées où les contacts comptent plus que le savoir-faire. Partout dans le monde dans notre métier il faut savoir s’asseoir sur son égo. Vous pouvez être le meilleur et ne pas être choisi parce que les autres ne sont pas au même niveau que vous. C’est une des raisons pour laquelle j’aime ce métier… Si vous chercher à parfaire votre caractère, c’est le meilleur endroit.

Je trouve aussi que c’est le plus beau des métiers parce que pour être un bon communicateur, il faut comprendre l’autre, ne pas avoir d’à priori et trouver le chemin de son intelligence mais aussi de son cœur…. C’est un métier d’humain… Maintenant il y’en a qui vont le mettre au service de la manipulation. Je ne parle pas de ceux-là… De toutes les manières, cette façon de faire n’est pas durable. Le communicateur que je respecte est celui qui ne crée pas juste pour se faire plaisir mais qui fructifie l’argent que lui a confié son client. C’est celui-là qui va avoir la confiance des clients et qui va toujours être consulté sur des sujets importants.

Comment voyez-vous son évolution en 40 ans d’activités ? 

Il y’a plus de 30 ans, il y’avait Ivoire Média, l’agence nationale qui était multi cartes, Une agence conseil nationale, des succursales d’agences internationales et 2 agences privées. Après des agences crées par des nationaux ont ouverts. Ça fait plaisir de voir beaucoup de jeunes nationaux ouvrir des agences. Mais c’est mieux de faire ses armes dans des agences structurées et non pas s’installer parce qu’on a un client.

Rédaction