Dr Bakayoko A. Sidick, Pdt du Syndicat national des médecins privés de Côte d’Ivoire : « Nous voulons un partenariat public-privé fort avec l’Etat »

Dr Bakayoko A. Sidick, Pdt du Syndicat national des médecins privés de Côte d’Ivoire : « Nous voulons un partenariat public-privé fort avec l’Etat »

Dr Aboubacar A. Sidick, Pdt du Syndicat national des médecins privés de Côte d’Ivoire : « Nous voulons un partenariat public-privé fort avec l’Etat »

Combien de membres regroupe le SYNAMEPCI ?

Le SYNAMEPCI regroupe 225 médecins privés à jour de leur cotisation, inscrit sur le tableau du Conseil de l’Ordre des Médecin de Côte d’Ivoire (COMCI) de l'année en cours sur un total de 300 médecins privés et 7500 médecins dans l’ensemble.

Il a été beaucoup question d’obstacles à la pratique de votre profession. Quels sont-ils ?

Le secteur privé est confronté à divers obstacles, l’un d’eux étant lié au cadre réglementaire. Notre secteur est miné par la prolifération d'entreprises de type informel cela étant dû non seulement à la distribution anarchique d'agréments pour les implantations des entreprises par les préfet, maire et directeurs départementaux de façon illégale, mais aussi à l'insuffisance de contrôle et de suivi dans les activités des différents opérateurs. Cette concurrence déloyale et ce vide menacent le développement des investissements et le fonctionnement des entreprises médicales.

Au plan du financement, nous avons un accès difficile aux prêts bancaires.

L’absence, pendant longtemps, d’un code d'investissement et d’un plan de développement spécifiques au secteur n’a pas contribué à son développement.

Vous avez les établissements de santé privé qui préfinancent les dépenses de santé qui parfois restent impayées malgré toutes les voies de recours, mais pis, parfois elles se retrouvent sans mayen de pression en face des organismes de tiers payants (OTP) qui ne répondent devant aucune autorité (ni de la santé, ni de l'économie et des finances) de leur activité dans le secteur de la santé.

En plus des créances insolvables de la part des maisons d'assurances et autres organismes de tiers payant, le secteur de la santé privé est défavorisé par le dumping favorisé par certains partenaires.

Autant d’obstacles qui doivent être levés pour le développement du secteur.

Et que proposez-vous pour cela ? 

Il convient à l’Etat de redéfinir un nouveau modèle économique pour le secteur sanitaire privé. Ce secteur doit être une source économique pour le pays, faire de la qualité, et concourir à réaliser un Hub sanitaire qui favorisera le tourisme médical.

Cela passe bien entendu par la levée des obstacles réglementaires et législatifs ; le regroupement des professionnels de santé pour créer des grands groupes hospitaliers ; un véritable partenariat public-privé (PPP) dans le secteur privé de la santé à l’instar de ce qui se passe dans l'enseignement ; l’octroi de subventions d'équilibre aux structures privées comme prévu dans le PND ; la mise en place d’un fonds de garantie pour le secteur privé de la santé ; la mise en place de mesures fiscales douces et incitatives pour le développement du secteur privé de la santé ...

Ces revendications ne sont pas nouvelles. Que compte faire votre syndicat cette fois-ci pour leur prise en compte effective par les pouvoirs publics ? 

Le SYNAMEPCI est inscrit dans une nouvelle dynamique depuis le 23 septembre dernier avec un programme qui met un point d’honneur sur la conduite des activités de lutte syndicale. La priorité est donc donnée au renforcement du cadre de gestion du système de santé (Affichage des tarifs, lutte contre l'exercice illégal de la médecine, etc.) et la réalisation d’études sur le secteur médical privé (Etude sur les rejets, étude sur les accouchements dans le SPS, enquête sur le partenariat avec les OTP, etc.)

Il est aussi prévu dans le cadre toujours de la conduite de la lutte syndicale la réalisation de projets socio-économiques pour contribuer à l'amélioration de la situation sociale et économique des membres du SYNAMEPCI.

Enfin, une place de choix est accordée aux projets de communication dans le but de renforcer la communication du SYNAMEPCI (en interne et en direction des populations).

Par ailleurs, dans le programme, il est prévu l’organisation de manifestations avec pour objectifs principaux la redynamisation du SYNAMEPCI et la recherche de ressources additionnelles ; la réalisation d'activités de formation avec pour but principal, le renforcement des capacités des membres et des collaborateurs de médecins.

Qu’en est-il de la mobilisation qui semble être votre talon d’Achille ? 

La mobilisation est un facteur déterminant pour toute organisation syndicale qui veut aller de l’avant. Pour vous faire entendre, il faut que vous soyez mobilisés. Vous avez beau avoir raison, si votre voix ne porte pas, on vous prendra pour quantité négligeable. La mobilisation est une question cruciale pour nous et je pense que la mise en œuvre de notre nouveau programme permettra de relever ce défi en réunissant tous nos membres autour de la cause commune.

Rédaction