Dressage des canins: Les 4 phases du processus

Dressage des canins: Les 4 phases du processus

Dresseur, éducateur canin et comportementaliste animal depuis plus de 10 ans, Bonouman Stéphane Kouamé est le propriétaire de l’entreprise SPLENDEUR DRESSAGE, une des rares structures de dressage de chiens en Côte d’Ivoire. Après une intrusion un peu hasardeuse dans ce métier, celui qui était parti pour être chauffeur chez son employeur, et qui s’est finalement formé udressage auprès de ce dernier, peut se vanter d’être de ceux qui savent transformer les chiens les plus difficiles en de véritables compagnons épanouis et fidèles… Nous avons suivi avec lui une séance de dressage d’un berger malinois dans une des banlieues huppées de la commune de Bingerville. Cet ami des animaux s’est laissé aller à quelques confidences sur les étapes du dressage, les secrets du succès.

Chez SPLENDEUR DRESSAGE, le dressage est une science ou, tout du moins, une pratique bien rodée et inscrite dans le contrat de prestation en suivi d’entretien et de dressage canin. Aussi, selon Bonouman Stéphane Kouamé, le dressage concerne-t-il un animal entre 4 et 10 mois. Le dressage dure 5 à 6 mois selon l’endurance et la capacité de compréhension de l’animal.

Le spécialiste canin passera deux fois par semaine pour une séance qui dure une heure au maximum pendant le temps du dressage qui consistera à atteindre les 4 objectifs suivants :



La socialisation : c’est la conduite du chien en laisse et sans laisse dans tous les recoins de son univers immédiat et extérieur à la rencontre de tout ce qui est susceptible de créer en lui la peur et la déroute.



L’obéissance : cette étape consiste à faire des exercices tel que : assis, couché, assis pas bouger, couché pas bouger, rappel au pied, rapport d’objet sur ordre, etc… Pour y arriver, il faut faire des simulations en emmenant le chien à comprendre les mouvements. Cela nécessite plusieurs répétitions en accompagnant les mouvements par des câlins.



Le débourrage : C’est la simulation de l’agressivité de l’animal afin de préparer l’instinct de la garde et l’aboiement face à toute intrusion et bruit suspect. C’est-à-dire qu’au moindre bruit, le chien doit pouvoir donner l’alerte à son maître. Généralement les chiens savent le faire, mais ils ne le font pas soit parce qu’ils ne se sentent pas aimer ou soit qu’ils croient gêner leur maître.



Le mordant : il s’agit de développer l’agressivité et la capacité de mordre l’intrus et à le neutraliser ; d’assurer la défense du maître à toute approche d’intrus.



Les conseils pratiques de Bonouman Stéphane Kouamé

• Pratique I :« Dans ce métier, l’approche constitue la première des choses. Savoir approcher un animal est important parce que le dresseur et l’animal sont deux êtres qui ne se connaissent pas. Il faut parvenir à tisser une relation avec cet animal afin qu’il perçoive l’homme comme un ami, un ‘’animal’’ à deux pattes. Après quoi, on peut maintenant s’amuser à lui donner des ordres pour l’amener à comprendre ce qu’on souhaite qu’il fasse réellement. »

• Pratique II :« Comme tous métiers, celui de dresseur comporte des risques. Vous pouvez vous faire mordre par l’animal si vous n’avez pas compris son langage. Sinon, généralement, quand le chien mord consciemment, c’est qu’il voit son maître dans des difficultés parce qu’il sait qu’il a la responsabilité de le défendre. Croyez-moi, c’est par amour qu’il le fait. Il arrive même parfois que d’autres chiens le fassent au péril de leur vie. »

• Pratique III :« Pour exercer ce métier, il faut d’abord aimer l’animal, autrement ce n’est pas évident d’y parvenir. En plus d’avoir de l’amour pour le chien, il faut être beaucoup observateur et attentionné envers celui-ci. Il faut également être honnête quand on pratique ce métier parce que ce sont les portes de plusieurs ménages qui nous sont ouvertes. »



Le parcours de Bonouman Stéphane Kouamé

« C’est sur le tas que je me suis formé parce qu’il n’existe pas, à ce jour, en Côte d’Ivoire, de centre de formation préparant au métier de dresseur. C’est un métier que j’ai appris au 43ème BIMA. Après la classe de troisième, une personne de bonne volonté m’a donné l’occasion de suivre la formation à ses côtés.

J’avais été engagé au départ en tant que chauffeur. Après un moment d’apprentissage à ses côtés, mon employeur a décelé en moi des aptitudes pour exercer le métier de dresseur. Juste après trois mois, je présentais déjà des résultats satisfaisants par rapport aux personnes qui payaient pour la formation. La formation a duré en tout six mois pendant lesquels j’ai beaucoup appris. A la suite de plusieurs stages, j’ai eu l’occasion de travailler dans des cabinets vétérinaires en tant que collaborateurs extérieurs. Puis j’ai décidé de m’installer à mon propre compte.

Cela me fait dix ans dans le métier. J’ai une famille à ma charge, j’ai un véhicule et je paye un loyer de 180.000F. Un dresseur de mon expérience gagne en moyenne la somme de 500.000 FCFA mensuel. C’est donc un métier rentable. Au départ, j’étais la risée de tous, mais aujourd’hui, dans ma famille, je compte…».


Tel: 02 31 82 67 / 07 80 48 10
Rédaction