Enseignement en Côte d’Ivoire (1ère partie) Un prestige écorné mais un attrait certain

Enseignement en Côte d’Ivoire (1ère partie) Un prestige écorné mais un attrait certain

Les métiers de l’enseignement sont des métiers prisés, bon gré, mal gré, par un très grand nombre d’élèves et étudiants de Côte d’Ivoire. Ils sont chaque année des milliers à frapper aux portes des centres de formation chargés de former les enseignants.

Le nombre de candidats, 74.000 pour le concours des instituteurs-adjoints session 2016-2017 et 30.000 pour celui d’entrée à l’Ecole normale supérieure session 2016-2017 illustre à lui seul l’intérêt porté aux métiers de l’Enseignement avec ses longues files d’attentes sous le soleil.

En 2012, 3000 contractuels et 5000 instituteurs ont été recrutés pour tenter de combler le déficit d’enseignants tant au primaire, au secondaire qu’au supérieur. Le privé laïque est une bouée de sauvetage pour des milliers d’étudiants ou d’anciens étudiants sans formation pédagogique.

Déficit d’enseignants 

Le secteur de l’enseignement reste le premier employeur au niveau de l’Etat de Côte d’Ivoire, formant ainsi le plus gros contingent de fonctionnaires. Au privé, le secteur de l’enseignement serait aussi le premier employeur, à en croire certains experts.

Pourtant, lors des assises de la commission nationale de mutation des personnels enseignants et d’encadrement (EXEAT 2016), Mamadou Barro, directeur des ressources humaines du ministère de l’Éducation nationale(MEN), a affirmé que les établissements scolaires de Côte d’Ivoire connaissaient un déficit de 3 899 enseignants dont 2325 professeurs de collège et 1 574 professeurs de lycée.

Ajouté à cela les problèmes infrastructurels (salles de classes, tables-bancs) et les nombreuses grèves comme on l’a vu en début d’année pour dénoncer les frais annexes, l’école ivoirienne fait grise mine malgré des résultats légèrement à la hausse aux examens à grand tirage. Aucune université ou grande école ivoirienne ne fait pas partie des 100 meilleures universités publiques d’Afrique. Seul l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny est classé 189ème. Ce déclassement à un arrière-goût amère pour de nombreux ivoiriens qui tournent le regard vers les universités à l’Extérieur.

Les métiers de l’enseignement en Côte d’Ivoire, dans cette grisaille, ont perdu de leur prestige, mais exercent toujours un attrait considérable sur les diplômés.

Qu’est-ce qui fait courir les jeunes vers ces métiers ? Est-ce les salaires ? Les avantages liés à la profession ? Quoi qu’il en soit la Côte d’Ivoire demeure un creuset de grands enseignants, parmi les meilleurs en Afrique. En témoigne les résultats des concours du Conseil Africain et Malgache pour l'Enseignement Supérieur (Cames). En 2014, les douze (12) candidates que la Côte d’Ivoire a présentées à la 17ème session du Cames à Yaoundé au Cameroun ont toutes été admises au concours d’agrégation de médecine humaine, odonto-stomatologie, pharmacie, médecine vétérinaire et productions animales.

Qu’ils soient au public, privé laïque ou confessionnel, maternelle, primaire, secondaire ou au supérieur, Metiersdici.ci a donné la parole à des enseignants pour parler de ce métier passion et de sacerdoce.

(à suivre : les métiers de l’enseignement)  


Rédaction