Il produit du champignon avec de la sciure de bois et des épluchures de manioc…

Il produit du champignon avec de la sciure de bois et des épluchures de manioc…

La culture du champignon est une culture qui n’a pas besoin de trop d’espace comme d’autres. La production de cette plante comestible, médicinale aux vertus multiples rime avec passion pour Segbo John Martin, biologiste formé au Ghana qui dispose d’une technique atypique pour produire ces champignons…

Encore un bel exemple d’entreprenariat ! un biologiste en santé- environnement a mis sur pied une entreprise de production de champignons, ces plantes très prisées en cuisine et dans le domaine médicinal : le pleurote, la volvaire, et le Ganoderma lucidum. Lui, c’est Segbo John Martin. Il offre des formations à tous ceux qui veulent s’investir dans la culture du champion. Une démarche positive tant pour le développement durable que pour l’économie locale.

Tout se passe à l'abri des regards, dans un endroit tenu éloigné de la voirie à la Riviera-Fékessé non loin de Bingerville. En toute discrétion, Segbo John Martin y cultive ses champignons, l’onéreux comestible.

L’idée de faire de la production du champignon sa principale activité a pris racine depuis le temps où il était encore étudiant en sciences biologiques à l’université de Kumasi (Ghana). « C’est depuis que je suis étudiant que j’ai décidé de faire de la culture du champignon une activité à part entière », explique-t-il.

Une technique particulière

Sa technique est originale et biologique, il la détient de sa formation universitaire. « Le champignon est une plante qui se nourrit différemment des plantes vertes. Il se nourrit en parasitant un autre être. Il y a des champignons qui se nourrissent aussi par symbiose. C’est à l’université que j’ai découvert cela », souligne-t-il. Dans sa champignonnière située non loin d’un quartier résidentiel en construction, toutes les précautions sont prises pour empêcher d’éventuelle parasites de contaminer ces plants qui sont emballés dans des bols contenant de la sciure de bois. Ici la prudence est de mise, rien n’est laissé au hasard. L’air par exemple est continuellement filtré par une hotte à flux laminaire. « Il faut faire attention à chaque transfert, parce que si on a de la contamination, il faut absolument se débarrasser de tout », prévient Segbo John.

Une culture positive pour l’environnement

« On peut cultiver le champignon avec moins de 1000 m² et en vivre décemment. On peut cultiver le champignon sous des bâches, avec des bambous, raphia, des épluchures de manioc du bois. C’est une culture hors sol, ce n’est pas la forêt qu’il faut aller encore défricher pour cultiver le sol. Avec 200 m² , l’on peut cultiver le champignon. L’on n’est pas obligé d’aller détruire la forêt pour cultiver le champignon. La forêt, c’est notre héritage, nous devons la protéger ».

Cet étonnant projet prouve que le monde des initiatives écologiquement responsables et solidaires est une réalité. Selon ce spécialiste de l’environnement, la culture de champignon est une activité qui nourrit parfaitement son homme. « Une tonne de champignon peut rapporter des millions de francs Fcfa, si l’on a des clients sous la main. Je demande à tous les jeunes sans emploi de venir se faire former à la culture des champignons, c’est une formation qui ne coûte rien mais qui leur permettra de pouvoir s’occuper et de subvenir à leurs besoins. Je suis disposé à partager mon savoir avec toute personne qui veut apprendre à cultiver le champignon », affirme avec sourire Segbo John Martin.


Eugénie Kouakou S 


Rédaction