La Médiation : Les arcanes d’un métier au service de la paix

La Médiation : Les arcanes d’un métier au service de la paix

La Chambre professionnelle de la Médiation et de la négociation de la Côte d’Ivoire (CPMN-CI) a procédé au lancement de ses activités le mercredi 24 janvier 2018 au palm club hôtel de Cocody. Cette cérémonie en présence du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Sansan Kambilé et sous le parrainage de M. Jean-Louis Billon, ex ministre du Commerce, a été aussi l’occasion de la remise de diplômes à la deuxième promotion des médiateurs professionnels formés en Côte d’Ivoire.

Pour comprendre de quoi il retourne avec la médiation lors de cette cérémonie de lancement des activités de la CPMN-CI, l’allocution de Maître Yannick Daugaux-Kouassi était très attendue en sa qualité de Président de la Chambre professionnelle de la Médiation et de la négociation-Côte d’Ivoire, ainsi que la conférence de M. Jean-Louis Lascoux, Président de l’école professionnelle de la médiation et de la négociation sur ‘’La médiation en entreprise : facteur de bonne gouvernance’’.

Ainsi, il ressort que selon l’article 1 de la loi n° 2014-389, « la médiation est un mode alternatif de règlement de litiges par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leur différend, avec l’aide d’un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par le juge saisi du litige ».

Les qualités et postures du médiateur 

Le médiateur n’est pas un juge, car il ne tranche pas dans le conflit qui oppose les parties. Le médiateur n’est pas un arbitre, car il ne rend pas de sentence arbitrale. Le médiateur n’est pas un conciliateur, car il ne donne pas de conseil et ne propose pas de solution. Le médiateur n’est pas le négociateur, car il ne donne pas de solutions aux parties.

Prévues par les articles 2, 3, 4, 6, 11 et 15 de la loi du 20 juin 2014, les qualités pour être médiateur comportent entre autres, l’impossibilité d’être à la fois médiateur et arbitre ou même témoin dans la même affaire ; l’obligation de ne pas être frappé de déchéance, d’être de bonne moralité ; l’obligation d’avoir un diplôme de Médiateur.

Aussi le médiateur doit-il être une personne indépendante, libre, qui est son propre maître ; impartiale, qui est sans parti pris ; neutre, qui n’intervient ni dans la recherche de solution, ni dans la décision arrêtée. Il doit préserver confidentielle l’information que les parties lui communiquent.

Les avantages de la médiation 

La médiation est un mode apaisé et volontaire de résolution des conflits, souple, flexible et adaptable. Ses avantages directs sont nombreux. La liberté de choisir ce mode de résolution de conflit, car aller à une médiation résulte de la liberté d’expression des parties. La liberté de mettre fin au processus à tout moment, car la liberté d’enclencher le processus de médiation permet aussi d’y mettre fin à tout moment. La médiation est aussi un procédé rapide et confidentiel, elle préserve les liens entre les parties, le médiateur s’affairant à instaurer un climat positif qui permet des échanges fructueux et constructifs. C’est un processus efficace, parce qu’en général les parties arrivent toujours à trouver des solutions à leurs différends. Et la solution étant celle des parties, son application est aisée et durable.

A côté des avantages directs, il existe des avantages collatéraux comme le fait de restaurer une communication basée sur le respect, la dignité, la reconnaissance des besoins et intérêts de chacune des parties ; négocier dans une atmosphère constructive ; éviter l’embrasement potentiel d’une situation conflictuelle ; réduire les anxiétés, l’insécurité, les frustrations et les tensions ; s’exprimer librement et faire savoir à l’autre partie votre point de vue. 

Rédaction