image « Le CIMOOC est une base de connaissance et un référentiel en soutien scolaire »

SE JOAS


Ingénieur informaticien de métier, dirigeant de l’entreprise CIMOOC

« Le CIMOOC est une base de connaissance et un référentiel en soutien scolaire »

« Le CIMOOC est une base de connaissance et un référentiel en soutien scolaire »

Ingénieur informaticien de métier, chef de plusieurs entreprises dans le domaine des TIC, dont Côte d’Ivoire MOOC (CIMOOC), Monsieur Se Joas présente son initiative et explique l’impact sur l’enseignement technique et la formation professionnelle dans notre pays.

Pour les profanes, c’est quoi le MOOC ?

Le MOOC acronyme de « massive open online course » en anglais est une pratique qui a vu le jour il y a un peu plus d’une vingtaine d’année aux USA, quand les universités ont imaginé la possibilité de toucher le plus grand nombre de personnes dans la formation, en proposant des cours en ligne. Avec le temps, les technologies de l’internet ayant évolué, l’on est arrivé aujourd’hui à intégrer du contenu multimédia. Vous allez trouver des plateformes dans lesquelles vous avez des vidéos, où les enseignants donnent les cours comme s’ils étaient directement en salle. Et puis vous en avez d’autres où les cours sont comme sur un tableau noir où on voit les écritures et les enseignements qui sont diffusés.

Aujourd’hui, c’est une pratique qui a déjà cours chez nous…

Cette idée partie des USA s’est diffusée dans tout l’occident. Et récemment, depuis moins de 5 ans, cette notion commence à intégrer les milieux africains. Mon plus grand plaisir, c’est de me rendre compte que la Côte d’Ivoire par exemple a créé ce qu’on appelle l’Université Virtuelle. C’est une plateforme qui devrait normalement aller vers le MOOC, c’est-à-dire proposer des cours en ligne.

Utiliser les MOOC permet de donner une formation de qualité à des personnes sans qu’elles soient obligées de se déplacer vers une université.
Quel est l’intérêt du MOOC pour un pays comme la Côte d’Ivoire ?

L’intérêt au niveau socio-économique est évident. Le MOOC permet de résorber des problématiques infrastructurelles. La Côte d’Ivoire n’a pas les moyens de construire autant d’universités que l’exige la croissance de sa population qui est très jeune. Utiliser les MOOC permet de donner une formation de qualité à des personnes sans qu’elles soient obligées de se déplacer vers une université.

CIMOOC est une entreprise privée qui travaille avec les écoles de l’état dans le domaine de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Nous avons une collaboration étroite avec les professeurs que nous formons à la production de contenu e-learning. 

L’autre problématique, c’est que dans nos universités, les professeurs ne sont pas toujours disponibles, se faisant souvent remplacer par leurs maîtres assistants. Alors qu’avec le MOOC, on a le professeur titulaire qui diffuse un contenu de qualité et les apprenants ont la possibilité de faire les exercices sur la plateforme et même d’être évalués aux fins d’avoir leurs diplômes et passer en classe supérieur.

Comment Côte d’Ivoire MOOC est-il organisé ?

CIMOOC est une entreprise privée qui travaille avec les écoles de l’état dans le domaine de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Nous avons une collaboration étroite avec les professeurs que nous formons à la production de contenu e-learning. L’ingénierie pédagogique associé au e-learning a quelques différences avec l’ingénierie pédagogique en présentiel qu’ils ont l’habitude de pratiquer. En présentiel, les élèves ont toujours la possibilité de poser des questions aux professeurs, qui se tient devant eux. Alors que dans le e-learning, surtout le e-learning asynchrone en auto apprentissage où il n’y a pas de professeur devant, l’apprenant n’a pas la possibilité de poser des questions.

Donc il faut concevoir les cours de sorte que l’apprenant puisse les comprendre de façon autonome pour ne pas que cela constitue un frein à son élan d’apprentissage. Donc nous formons ces professeurs à ces techniques lors de sessions organisées par le Centre Ivoirien de Développement de la Formation Professionnelle (CIDFOR). Nous avons d’ailleurs tenu la dernière formation en date, des 2 au 6 octobre 2017. Et ces professeurs sur la base du volontariat peuvent décider de participer à la réalisation de contenus qui seront hébergés sur CIMOOC.

Ensuite, nous avons des accords avec eux pour leur reverser les droits de propriété intellectuelle. Il faut dire que sur cette plate-forme, une partie des contenus est gratuite, l’apprenant ne paye que quand il veut arriver à l’obtention d’un certificat ou d’une attestation. Mais il y a aussi des cours payants.

Avec ces formations complémentaires, les apprenants ont la possibilité d’approfondir des notions que le planning ou le volume horaire n’a pas permis d’étudier en profondeur avec le professeur. C’est une démarche qui vise l’amélioration de la formation professionnelle et de l’enseignement technique.
Donc pour l’heure, vous n’avez ciblé que l’enseignement technique et la formation professionnelle…

Pour l’heure, oui ! Nous avons pensé à créer la plateforme en partenariat avec le secrétariat d’état chargé de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle à travers le Centre ivoirien pour le développement de la formation professionnelle (CIDFOR). Cette plateforme permettrait à des professeurs de ce système d’Enseignement de proposer des formations.

Ces formations viendraient en complément de celles dispensées en présentielles, mais n’ont pas vocation à les remplacer. Avec ces formations complémentaires, les apprenants ont la possibilité d’approfondir des notions que le planning ou le volume horaire n’a pas permis d’étudier en profondeur avec le professeur. C’est une démarche qui vise l’amélioration de la formation professionnelle et de l’enseignement technique.

Par ailleurs, il y a aussi des professionnels qui ont besoin de se recycler, de se remémorer et même d’acquérir des connaissances nouvelles. A titre d’exemple, un professionnel qui est rentré en entreprise avec le BT a la possibilité de suivre des cours en ligne et d’aller se présenter à l’examen du BTS sur CIMOOC.

En ce qui concerne l’enseignement général supérieur, il a mis au point sa propre stratégie. Il y a une direction de l’information qui a lancé l’Université virtuelle. Ce que nous pouvons faire, c’est de leur venir en appui technique si nous étions sollicités.

Nous sommes encore en phase gestationnelle. Mais nous pensons que c’est une initiative qui va vite prendre parce que la cible est déjà orientée TIC, habituée à faire des recherches sur Internet pour préparer des exposés et autres. C’est une cible jeune, la génération Y, qui est spontanément attirée par tout ce qui est multimédia et numérique. 

Au niveau de l’éducation nationale, nous allons faire des propositions. Mais la première expérience sera d’abord d’aborder un domaine technique qui est une niche de connaissance et nous allons nous étendre sur l’éducation nationale pour reprendre des cursus du CP1 jusqu’en terminal.

Quel bilan vous en faites à ce jour ?

La plateforme est accessible sur cimooc.ci. Et comme c’est une initiative encore nouvelle, nous avons une campagne de promotion que nous allons effectuer avec l’appui de l’Etat. Du fait des mutations ces dernières années au sein du ministère de l’Enseignement technique, nous avons marqué le pas pour permettre aux autorités de prendre en main un certain nombre de priorités, et puis ensuite les solliciter pour qu’ils nous accompagnent dans la promotion de cet outil.

Nous sommes encore en phase gestationnelle. Mais nous pensons que c’est une initiative qui va vite prendre parce que la cible est déjà orientée TIC, habituée à faire des recherches sur Internet pour préparer des exposés et autres. C’est une cible jeune, la génération Y, qui est spontanément attirée par tout ce qui est multimédia et numérique. Donc, nous avons bon espoir. De toute façon, l’avenir de la formation passe par les TIC. Les TIC sont un vecteur de transformation qui a su impacter d’autres secteurs, donc aujourd’hui il faut croire que la formation peut en tirer aussi des dividendes.

C’est quoi la prochaine étape ?

Très bientôt, nous allons organiser une conférence inaugurale officielle de lancement en compagnie du secrétaire d’État. Nous attendons juste d’être situés sur son calendrier. Ensuite viendra une phase de communication, puis la phase promotionnelle. Enfin, l’outil sera suggéré aux grandes écoles de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle comme une base de connaissance, un référentiel en soutien scolaire, une base documentaire, vers laquelle ils pourront rediriger leurs apprenants pour approfondir les notions clé que le volume horaire n’a pas permis de parcourir suffisamment.

B.B