Mariam Sy Diawara, à propos de l’Africa Web Festival 2017 : « Nous avons eu une affluence au-delà de nos espoirs »

Mariam Sy Diawara, à propos de l’Africa Web Festival 2017 : « Nous avons eu une affluence au-delà de nos espoirs »

Mariam Sy Diawara est la Présidente-fondatrice de la Maison de l'Afrique Montréal, Maison de l’Afrique New York et de Mandingo à Abidjan. Promotrice de l’Africa Web festival, cette grande dame de la communication fait état du bilan de la dernière édition de l’AWF et fixe les perspectives.

Vous êtes, depuis toujours, fortement engagé dans les projets en faveur des jeunes. Quels sont ceux dont vous êtes le plus fière ?

Une de mes fiertés en son temps fut la création du journal ‘’UNIVERS JEUNES’’ pour former les jeunes, leur donner la parole et les accompagner. Nous avons créé des Club Jeunes dans les Collèges, Lycée et à l’Université. Nous avons créé les premières cartes Jeunes en Côte d’Ivoire pour donner des réductions aux jeunes dans divers commerces.

Eh oui cela plus de 30 ans avant la tenue de la rencontre Union Africaine/Union Européenne à Abidjan en Novembre dernier concernant les Jeunes. Je me suis toujours sentie interpellée par les préoccupations du Monde. C’est même viscéral chez moi. Je pense que c’est dû à ma grande sensibilité, que mon grand frère appelait sensiblerie en se moquant de moi.

Dans les années 80, nous nous étions rendu compte que seuls les jeunes de famille aisée avaient des répétiteurs à la maison. Ceux de famille moins nantie non et cela avait forcement des répercussions sur leurs résultats scolaires. Nous avons donc organisé avec des professeurs bénévoles des cours de soutien au Centre culturel français pour les classes de BEPC et BAC. Certains sujets d’examens ayant été traités dans ces salles, le succès a suivi et les enfants ayant des répétiteurs chez eux venaient assister à ces cours de soutien. Nous avons aussi édité des manuels de soutien aux examens avec les corrigés que nous vendions à 200/300/500 F au lieu de 2000/3000 F dans les librairies.

Nous avions aussi organisé les salons de l’entreprenariat et de l’orientation (pour aider les jeunes en 3e et terminal à mieux s’orienter) à la bibliothèque nationale.

La dernière édition de l’Africa Web Festival a eu lieu les 27/28/29 Novembre. Quel bilan vous en faites ?  
Il faut capitaliser ce succès, en faisant en sorte d’accompagner les jeunes à avoir de l’emploi, à créer leurs propres starts up et à les accompagner. Il faut que nous ayons beaucoup de résultats concrets.

Nous sommes heureux du succès de cette dernière édition parce que nous avions des appréhensions dues au fait que le festival coïncidait avec la réunion de l’UA-UE.

Dieu merci nous avons eu une affluence au-delà de nos espoirs ; de nombreux participants au sommet UA-UE sont venus à Africa Web Festival. Cela nous a donné beaucoup de visibilité.

Maintenant, il faut capitaliser ce succès, en faisant en sorte d’accompagner les jeunes à avoir de l’emploi, à créer leurs propres starts up et à les accompagner. Il faut que nous ayons beaucoup de résultats concrets.

Nous avons en plan l’ouverture en 2019 de ACCEL AFRIK, un camp d’accélération d’entreprises africaines innovantes à SAMO en Côte d’Ivoire.

Pendant l’Africa Web Festival nous permettons aux jeunes africains de se rencontrer, de travailler ensemble afin de conquérir les marchés d’Afrique et d’ailleurs. Nous voulons qu’ils aient de solides arguments pour être compétitif partout dans le monde.

En plus, Africa Web Festival, ne se contente pas d’être un festival de 3 jours en Côte d’Ivoire. C’est un évènement qui dure tout le long de l’année par des formations dans les pays francophones d’Afrique et bien entendu en Côte d’Ivoire aussi.

Dans le premier trimestre 2018, ‘’L’espace lauréat’, (Espace avec du matériel de pointe) mis à la disposition des gagnants du concours AWF (avec le soutien de ANSUT) ouvrira ses portes à l’immeuble horizon au Plateau. Ils recevront de la formation pour améliorer leurs produits et nous les aiderons à le mettre sur le marché.

Pendant l’Africa Web Festival nous permettons aux jeunes africains de se rencontrer, de travailler ensemble afin de conquérir les marchés d’Afrique et d’ailleurs. Nous voulons qu’ils aient de solides arguments pour être compétitif partout dans le monde.

Nous avons mis cette l’accent sur l’innovation car nous souhaiterions que Africa Web Festival soit pour l’Afrique le CES à Las Vegas. Que ce soit l’endroit on l’on voit toutes les innovations d’Afrique.

Il faut rassurer les plus jeunes et les plus vulnérables, les faire rêver. Le rêve, c’est de là que part le bonheur. Pourquoi les gens traversent la mer au risque de leur vie ? Parce qu’ils rêvent d’un mieux-être ailleurs.
Avec un tel engagement pour les jeunes africains, vous devez être triste de voir ce qui se passe en Lybie.

C’est vraiment triste ! Nous avons tous besoin d’être rassurer. Il faut rassurer les plus jeunes et les plus vulnérables, les faire rêver. Le rêve, c’est de là que part le bonheur. Pourquoi les gens traversent la mer au risque de leur vie ? Parce qu’ils rêvent d’un mieux-être ailleurs. Si nous leur parlons, si nous leur expliquons que le bonheur est possible chez nous, si nous leur montrons qu’on se préoccupe de leurs sorts, qu’ils comptent pour nous, les choses changeront.


Kaeli Jean François

Rédaction