Perruques, faux ongles, mèches, dépigmentation : Les femmes se tuent pour plaire

Perruques, faux ongles, mèches, dépigmentation : Les femmes se tuent pour plaire

Difficile de croiser une femme aujourd'hui sans tissage ou perruque sur la tête, sans faux ongles ou faux cils. Des artifices devenus usuels mais qui, hélas, présentent de nombreux dangers ! Toutefois, selon les témoignages recueillis, le prix pour être belle et séduisante ne serait pas trop cher payé.

Dans un monde où le superficiel et l’artifice règnent en maître, il est difficile de trouver des jeunes femmes sans mèche ou perruque, sans faux ongles ou sans faux cils. La beauté renversante qui fait tourner la tête aux hommes, le pouvoir de séduction, la magie du charme, que ces artifices sont censés donner à la femme en valent-il le prix à payer pour la santé ?

Faire un tissage donne parfois d’atroces maux de tête ; lesquelles douleurs, en fonction du type de tissage, peuvent perdurer de quelques minutes à 24h, voire 72 H, fait savoir Suzanne Y, une habituée des tissages. « Parfois, la douleur débute même dès le démarrage de la tresse ou de la coiffure », affirme-t-elle. Les prurits serait une autre conséquence des mèches tout comme la perte de cheveux liée à l’usage abusif des tissages. L’impact environnemental des mèches n’est pas à négliger. Le fait que les consommatrices utilisent ces produits non biodégradables en grande quantité peut poser aussi un problème de pollution comme celui lié à l’usage des sachets plastiques.

L’abus de faux ongles abîment l'ongle naturel. Limé, exposé à la colle et à la résine rigide et épaisse de façon répétitive, les ongles se décollent et se ramollissent.

Par ailleurs, les ongles artificiels pourraient causer l'apparition d'infections, comme le Pseudomonas, une infection bactérienne généralement due à une bulle d'eau qui s'est infiltrée sous la peau et qui y stagne. L'onychomycose est une infection due à un champignon. Elle se sert de la kératine des ongles naturels pour évoluer. Cette infection est contagieuse et s'attaque facilement à d'autres parties du corps. Elle confère une couleur verte, jaune ou brune aux ongles. L'eczéma demeure un autre problème qui peut se manifester en raison de l'acrylique utilisé pour les faux ongles en résine. L'allergie peut alors s'étendre à d'autres parties du corps qui auront été en contact avec les doigts. Lorsque les faux ongles sont retirés, les ongles naturels sont particulièrement abîmés, amincis et ramollis. Des cas d'intoxication par inhalation de vapeurs toxiques ont déjà été constatés chez certaines personnes.

L'œil est un organe de vue très sensible, dans lequel, on ne doit introduire aucun corps étranger. Aussi, les faux cils peuvent-ils causer des dommages à l'œil notamment à cause de la colle que les maquilleuses utilisent. Si cette colle rate les cils et pénètre dans l’œil, cela peut déclencher une allergie. Non traité à temps, la cicatrice laissée dans l'œil peut endommager la vue. La cataracte, les conjonctives bactériennes, les douleurs oculaires, les maladies des paupières, sont les risques qui guettent les férues des faux cils !

Avoir le teint jaune papaye mur, le ‘’teint clair’’ comme ont dit chez nous, est devenu est concours national. Les conséquences sont largement connues dans la mesure où de nombreuses campagnes de sensibilisation contre la dépigmentation s’élèvent contre cette pratique tous les jours.

Et on en revient à la question fatidique. Le jeu en vaut-il la peine ? La réponse est on ne peut plus claire.

« Je ne veux pas être hypocrite, donc je dirai que de nos jours, le physique compte beaucoup. Tout ce qui peut être un plus pour te rendre appréciable est bon à prendre », admet Anette K, standardiste dans une entreprise de la place.

« Ce n’est pas forcément à cause des hommes que nous avons recours à ces accessoires. Ils peuvent aider à corriger des défauts gênants », explique Astrid B., cliente d’un salon d’esthétique. Le tout selon elle, réside dans le professionnalisme de l’esthéticienne.

« Les risques que vous énumérez sont réels, mais il faut savoir que tout bon professionnel dans le métier les connait. Notre problème, c’est que notre secteur est infecté par beaucoup de non professionnels qui sont dans l’informel, qui se débrouillent comme ils peuvent, avec un matériel inadapté et qui ne peuvent pas conseiller un client », déplore Caroline Dibi, esthéticienne à la Riviera 3.

Les détracteurs de ces artifices, qui ont certainement raisons sur les risques auxquels ils exposent les femmes, auront beau s’époumoner à les décrier, il n’empêche qu’ils sont solidement ancrés dans les traditions de beauté de nos femmes. Pour le meilleur comme pour le pire.


Y.K. 


Rédaction