Réussite scolaire des enfants/Des spécialistes en science de l’éducation avertissent : « Une vision de son futur métier, plus important que le QI »

Réussite scolaire des enfants/Des spécialistes en science de l’éducation avertissent : « Une vision de son futur métier, plus important que le QI »

Les évaluations, les compositions et les examens de fin d’année scolaires sont pour bientôt. Mais déjà les spécialistes tirent la sonnette d’alarme et donnent les clés du succès.

L'année scolaire a débuté le 11 septembre 2017. Et nombreux sont les parents qui d'ores et déjà, cherchent des répétiteurs pour booster les résultats scolaires de leurs enfants tandis que d'autres se rabattront sur les cours de renforcement. Et pourtant, selon les spécialistes en Sciences de l'Education, ce sont les parents eux-mêmes, qui doivent développer les compétences de leurs progénitures afin de mieux les encadrer.

« Les parents doivent développer des compétences pour mieux suivre leurs enfants. Cela existe dans les pays européens, mais c'est rare en Afrique et en Côte d'Ivoire où malheureusement, on laisse le maître s'occuper de l'enfant. Or, les classes sont tellement surchargées que celui-ci ne peut se focaliser sur un enfant », déplore Berté Zacharia, Directeur général de l'Institut pédagogique national de l'enseignement technique (IPNET).

Ce spécialiste explique qu'avant d'en arriver aux évaluations, compositions et examens qui détermineront les résultats scolaires des élèves, il existe plusieurs étapes à franchir. Dont la première consiste à créer des conditions d'apprentissage en s'assurant que l'élève ne souffre d'aucune carence alimentaire en partant en classe.

Les parents doivent développer des compétences pour mieux suivre leurs enfants. Cela existe dans les pays européens, mais c'est rare en Afrique et en Côte d'Ivoire où malheureusement, on laisse le maître s'occuper de l'enfant

« Il faut pourvoir aux besoins alimentaires des enfants, sinon cela affectera leur énergie, leur concentration et même baissera leur attention », conseille M. Berté Zacharia.

La seconde étape consiste à pourvoir aux fournitures et guides d'apprentissage qui permettent de corriger les fausses informations que l'enfant pourrait acquérir et le préparer ainsi à la discipline qui est nécessaire pour apprendre.

Il est démontré par les spécialistes de l'Education que les enfants qui n'ont pas de vision de leurs futurs professionnels ne savent pas quelles ressources intellectuelles, affectives et relationnelles mobiliser pour réussir.

« Il y a l'acquisition d'une habitude d'étude qui est primordiale. Il est nécessaire de protéger l'enfant pour éviter que cette habitude ne disparaisse avec de mauvaises compagnies et aussi face à la télévision et aux réseaux sociaux. Il faut donc s'assurer que l'enfant fait ses devoirs, que ses notes son bonnes et le cas échéant approcher le maitre ou le professeur pour comprendre ce qui ne va pas ».

Une chose importante qu’un parent doit nécessairement faire, selon le spécialiste en science de l’éducation, c’est initier deux rencontres par mois pour échanger sa sa progéniture sur la vision du futur métier qu’il souhaite exercer en relation avec l'apprentissage qu'il fait actuellement. Si l'enfant a une perception de son futur métier et que les parents l'encouragent, souligne le spécialiste, il se donnera les moyens de la réaliser.

« Il est démontré par les spécialistes de l'Education que les enfants qui n'ont pas de vision de leurs futurs professionnels ne savent pas quelles ressources intellectuelles, affectives et relationnelles mobiliser pour réussir. Les parents doivent donc échanger avec eux et les encourager. Ils ne doivent pas s'offusquer quand leurs enfants changent de vision de métier. Ce qui est plutôt à craindre, c'est qu'ils n'aient pas de vision. Les études montrent qu'une vision du futur métier est un meilleur facteur de réussite dans l'apprentissage que le quotient intellectuel (QI) », avertit Berté Zacharia.

Naviguer à vue, source d’angoisse
Ces moments n'ont pas besoin d'être longs et doivent être de qualité pour que l'enfant puisse se déconnecter et refaire le plein d'énergie

L'année scolaire est également une source d'anxiété et de fatigue pour les apprenants. C'est un moment où, selon le Dr N'Dri Franck Yao, médecin-inspecteur du travail, de nombreux élèves ressentent déjà le stress qui est un mécanisme de défense qui engendre par la suite une variété d'émotions dont l'anxiété ainsi qu'un certain nombre de réponses physiologiques, entre autres, la fatigue. Il conseille aux parents d'octroyer de petits moments de plaisir à leurs progénitures.

« A chaque enfant, selon Dr N'Dri, correspond un hobby tel qu'une émission télé éducative, un livre très instructif à lire, une partie de jeux. Ces moments n'ont pas besoin d'être longs et doivent être de qualité pour que l'enfant puisse se déconnecter et refaire le plein d'énergie ».

Il faut que les élèves dorment suffisamment. Au moins sept à huit heures de sommeil ; cela favorise une amélioration de la mémorisation.

Il conseille également aux parents d'être attentifs à leurs enfants, d'être à leur écoute afin qu'ils puissent parler de leurs difficultés et de leurs peurs. Cela, dit-il, les soulagera contre les effets du stress.

« Il faut que les élèves dorment suffisamment. Au moins sept à huit heures de sommeil ; cela favorise une amélioration de la mémorisation. En effet, la mémoire nécessite ce temps de repos pour acquérir les connaissances apprises pendant la journée. Une bonne nuit de sommeil réduit le stress, rafraîchit le corps et aide à la productivité. Alors le soir, lorsque les élèves sentent les signes de la fatigue tel% que les bâillements, les yeux qui piquent et la baisse de la vue, qu'ils sachent que c'est le moment d'aller se coucher. S'ils tardent trop, ils risquent de manquer un cycle de sommeil et ne réussiront à s'endormir qu'au début du prochain cycle, sachant qu'un cycle dure 1h30 en moyenne », conseille Dr N'Dri Franck qui recommande également une alimentation équilibrée.

« Les élèves ne doivent pas sauter de repas. Les besoins énergétiques sont importants et s'ils ne sont pas assurés, l'organisme est alors moins performant. Pour avoir assez d'énergie et maintenir le taux de sucre dans le sang à un niveau constant, il faut privilégier les féculents comme le riz, le pain, les pâtes ou encore les céréales qui sont des glucides assimilés lentement par l'organisme. Les viandes, œufs et poissons permettent de booster la mémoire et faire le plein d'oméga 3. Les parents doivent penser également à hydrater leurs enfants en leur faisant consommer des fruits contenant de la vitamine C pour tenir le coup », recommande le médecin.

Cela peut paraître paradoxal et un peu rébarbatif, mais une fois le planning de révision posé noir sur blanc, vos enfants se sentiront soulagés.

Il préconise en outre aux parents de planifier un horaire de travail léger qui permettra de maximiser le temps.

« Toutefois, le choix de ces heures d'étude ne doit pas être fait de manière arbitraire car les tranches horaires choisies doivent correspondre à celles pendant lesquelles l'élève se sent habituellement le plus efficace et le plus concentré. Et surtout, il faut respecter scrupuleusement ce planning. C'est-à-dire, ne jamais remettre au lendemain ce que vous avez décidé de faire le jour même. Cela peut paraître paradoxal et un peu rébarbatif, mais une fois le planning de révision posé noir sur blanc, vos enfants se sentiront soulagés. Car Naviguer à vue est source d'angoisse ».

Le succès enregistré sur les travaux effectués ou les bonnes appréciations doivent être renforcés par les parents pour motiver l'élève à aller de l'avant.
Comment choisir les répétiteurs

Les répétiteurs constituent un bon recours pour le suivi des acquis. Mais, selon Berté Zacharia, Directeur général de lPNET, il convient d'engager des répétiteurs qui ont des compétences pédagogiques et des étudiants qui se sont donné une formation pédagogique avant de se lancer dans la répétition.

Le père ou la mère doivent entourer l'enfant de façon à ce qu'il sente qu'on lui -accorde de l'importance.

« Le succès enregistré sur les travaux effectués ou les bonnes appréciations doivent être renforcés par les parents pour motiver l'élève à aller de l'avant. La concentration et l'attention sont la base de l'apprentissage, il faut donc fournir tous les équipements. L'enfant qui part à l'école doit réussir un mécanisme important à savoir reculer ses faiblesses ou limites intellectuelles, affectives ou psychomotrices quand il s'agit de l'apprentissage des gestes professionnels », explique le spécialiste. Si, ajoute-t-il, l'enfant devient un receveur d'informations, il ne s'en sortira jamais. Il ne fera pas preuve d'autonomie et d'initiative. Il faut l'impliquer dans les initiatives d'apprentissage. Le cœur de la science pédagogique, c'est de ne pas répondre aux questions mais amener les enfants à se poser les questions et à trouver les bonnes réponses.


Y.Kouamé 

Rédaction