Ruée vers les aphrodisiaques : Les commerçants se frottent les mains

Ruée vers les aphrodisiaques : Les commerçants se frottent les mains

En sachets, en bouteilles, en gélules, en crème, les aphrodisiaques sont vendus dans tous les carrefours d’Abidjan. La ruée vers la consommation de ces substances aux effets sexuellement stimulants est aujourd’hui une réalité à Abidjan. Cette haute consommation fait l’affaire des vendeurs de ces produits aux pouvoirs ‘’magiques’’…

Certainement, il n’y a pas de carrefour à Abidjan où ne soient exhibés des produits chinois, pharmacie de rue, médicaments traditionnels…, des produits censés être une solution pour les hommes et les femmes qui souffrent d’impuissance sexuelle.

Ils ont pour nom : Cure-dent gouro, Attoté, petit-cola, Excellence4, Bazooka, Zana, cube-maggi, Erect E-40…De nature variée, ce sont des comprimés, des écorces où des herbes à mâcher, des tisanes, des sirops, des gélules, des gels lubrifiants, des herbes à mâcher, des bonbons, de la liqueur artisanale dans des bouteilles pleines de racines, dont les plus célèbres sont celles de Bonoua.

« Je suis sorti avec une fille une fois, et il faut dire que j’ai eu du mal à être en érection. C’était la honte de ma vie, depuis ce jour, j’utilise régulièrement des écorces qui me rendent vraiment très viril et je ne perds plus de ‘’match’’ », explique sans détour Jean-Marie F, agent immobilier.

Sans faux fuyant, Amidou Coulibaly, homme du troisième âge, soutient que la consommation de ces potions est nécessaire pour la survie d’un couple. « Vous savez le stress que nous subissons chaque jour a des répercussions sur la performance sexuelle d’un individu. Le travail, les factures, le loyer n’épargnent pas nos capacités aux lits. Or une femme, vous pouvez tout lui donner, mais si vous êtes incapables de la satisfaire, elle ira voir ailleurs. Moi avec mon Attoté (Tisane dont le nom en Malinké siginfie ‘’ça suffit’’), ma femme est plus que satisfaite, mon foyer est ‘’sécurisé’’ », explique-t-il.

Les femmes s’y mettent

Au marché d’Anono dans la commune de Cocody, une femme du troisième âge est réputée pour ces médicaments traditionnels. En plus de soigner les hémorroïdes, les fibromes, les kystes ovariennes, et l’infertilité, elle guérirait les problèmes d’impuissance sexuelle chez les hommes et la frigidité chez les femmes. Et son officine ne désemplit pas.

Par jour, je peux vendre 100 bouteilles (1000Fcfa l’unité) d’Attoté quand ça marche ou 40 si ça ne marche pas. Mon chiffre d’affaires journalier, je le dois surtout à la vente de mes produits aux vertus aphrodisiaques.

« Le sexe est un élément très important dans la vie d’un couple, s’il y a disfonctionnement à ce niveau des tensions surviennent aussitôt. Il faut tout faire pour maintenir sa santé sexuelle le plus longtemps possible. Cela est valable pour les hommes comme pour les femmes. D’ailleurs, je reçois beaucoup de jeunes filles qui viennent se soigner parce qu’elles n’arrivent pas à ressentir quelque chose lors des rapports ».

S’il y a un groupe d’individus qui bénéficient de cette ruée vers les aphrodisiaques, c’est bel et bien les commerçants. Ceux-ci se frottent les mains. « Par jour, je peux vendre 100 bouteilles (1000Fcfa l’unité) d’Attoté quand ça marche ou 40 si ça ne marche pas. Mon chiffre d’affaires journalier, je le dois surtout à la vente de mes produits aux vertus aphrodisiaques », révèle Paterne Péhé vendeur de médicaments traditionnels à Adjamé 220 logements dans la commune d’Adjamé.

La spécialité de ce commerçant dont le prénom est Léandre, c’est la vente de produits aphrodisiaques aux noms et aux images aussi rébarbatifs qu’expressifs : Excellence4, Bazooka, Zana, Petits-colas, Erect E-40…

Un peu plus loin à Abobo, précisément au carrefour Sans Manqué, un tradipraticien : ‘’Docteur’’ Tanoh, explique qu’il vend chaque jour plusieurs centaines de petits bidons (500 Fcfa l’unité) contenant un liquide dont les propriétés aphrodisiaques sont vantées par certains utilisateurs.

A la Riviera 2 non loin du Poulet Show, un petit magasin est tenu par un jeune homme d’une vingtaine d’années, la spécialité de ce commerçant dont le prénom est Léandre, c’est la vente de produits aphrodisiaques aux noms et aux images aussi rébarbatifs qu’expressifs : Excellence4, Bazooka, Zana, Petits-colas, Erect E-40…Ces aphrodisiaques sont prisés par de nombreuses personnes qui fréquentent ce temple du poulet. « Mon commerce marche très bien. Les gens qui viennent avec leur copine au poulet chaud n’hésitent pas à venir prendre soit des gélules, Atoté ou Cure-dent gouro, en partant. Mon bénéfice mensuel tourne autour de 500.000Fcfa », explique-t-il avec le sourire.


D’autres jeunes gens sillonnent les maquis aux alentours des hôtels les soirs pour vendre ses produits aux hommes.

L’on peut dire sans se tromper que tant que les Ivoiriens auront à cœur d’entretenir leur virilité, la vente d’aphrodisiaques continuera de nourir bien son homme à Abidjan.


Rédaction