Sangaré Lassina, (ex-instituteur à Dimbokro) : « Alpha Blondy était turbulent, mais excellent en classe »

Sangaré Lassina, (ex-instituteur à Dimbokro) : « Alpha Blondy était turbulent, mais excellent en classe »

Le parcours scolaire de Koné Seydou rebaptisé Alpha Blondy ou encore Jagger reste gravé dans la mémoire de son instituteur du primaire, Sangaré Lassina, ex-adjoint au maire de Dimbokro, par ailleurs chef du quartier Dioulakro. A bâtons rompus, la « bibliothèque » de cette ville coloniale nous livre ses souvenirs sur la méga star du reggae.

Dimbokro regorge de gros calibres de la musique ivoirienne, à l’instar de Alpha Blondy, N’st Coffi, pour ne citer que ceux-là. Avez-vous des souvenirs de ses fils du N’zi ?

Alpha Blondy fut mon élève. N’st Coffi est un cousin.

Comment avez-vous vécu leur présence dans la ville ?  

Je les ai connus quand ils étaient tout-petits.

Alpha Blondy est, aujourd’hui, l’icône du reggae africain. Que retenez-vous de lui ?

Blondy était un très bon élève en classe. Je l’ai enseigné à l’école régionale. Quand il me rencontre, il m’appelle le grand Sangaré. Et je lui dis de ne pas m’appeler grand. Je demande qu’il m’appelle tonton. Mais quand il est le premier à me voir, il me hèle avec l’adjectif grand. En classe, il était remuant. Rien ne m’étonne chez Alpha. Je l’ai connu en classe de CP2 jusqu’à ce qu’il quitte l’école. C’est un jour que j’ai appris que c’est mon élève qu’on appelle Alpha Blondy. Je me suis souvenu de sa mère qui habitait au quartier Sokoradjan.

Jagger a-t-il réellement des liens familiaux avec N’st Coffi ? 

Je dis non. Sinon, je connais sa mère. Je connais bien la maison de sa mère qui vit encore. Je l’ai connu tout petit au Plateau 1. (Ndlr : une école primaire de Dimbokro)

Aviez-vous remarqué des prédispositions pour la musique en lui ? 

Alpha était remuant. Il chantait bien les ritournelles scolaires. Mais, je n’ai pas pensé un seul instant qu’il serait devenu une star interplanétaire.

L’avez-vous rencontré après cette époque ? 

Lui et moi, on se voit à Abidjan. Il me reconnait toujours. Il connaît mon épouse. D’ailleurs, mon épouse et Alpha sont des amis d’enfance. Même la nuit, il me reconnait.

Quel rang occupait Alpha lors des classements ? 

Je ne m’en souviens pas. Mais, je sais qu’il était excellent. Alpha avait la main en l’air à chaque fois que le maître posait des questions. Il avait de bonnes réponses aux questions du maître. Mais, il était turbulent. Il bougeait beaucoup. Il faisait partie des bavards de la classe. Il était beaucoup taquin. Il provoquait ses amis et prenait la fuite quand ces derniers s’énervaient. Il faisait la petite bagarre avec ses camarades. Alpha n’était pas un élève méchant. Il était en harmonie avec ses camarades. Je ne suis pas surpris de le voir au sommet de la musique ivoirienne.

Que savez-vous de la provenance de son surnom Blondy ? 

A l’école, on l’appelait Seydou. Son vrai nom, c’est Koné Seydou. C’est sa grand-mère qui lui a donné le nom Blondy. C’est parce qu’il était turbulent. Quand, il me voyait, il me saluait poliment. Mais, quand il s’éloignait, il racontait aux gens que je l’ai frappé. Alpha faisait partie des élèves que j’envoyais couper des branches de caféier, à côté de l’école. Mais cela ne m’empêchait pas de le fouetter.


Munee Fati 


Rédaction