Transport dans les grandes villes : Les tricycles mettent les poussepousses et les ‘’bâchés’’ sur la touche

Transport dans les grandes villes : Les tricycles mettent les poussepousses et les ‘’bâchés’’ sur la touche

Les Wôtro (pousse-pousse) sont entrain de devenir un vieux souvenir. Ces charrettes familières qui servent de taxi-bagages aux Ivoiriens sont moins visibles aux alentours des marchés des grandes villes et dans les quartiers. La cause aux tricycles venus de la République Populaire de Chine qui se sont imposés.

Ces motos-bagages apparus seulement depuis quelques années d’abord dans les zones rurales puis à Abidjan, dont les prix oscillent entre 1 000.000 et 1 200.000Fcfa, sont désormais maître du terrain. Pratiques, facilement manœuvrables et rapides, ces trois roues pouvant transporter jusqu’à 500 kilogrammes de marchandises, sont prisées par les commerçants, les distributeurs, les ménagères et les collecteurs d’ordures.

« Avant, quand je venais faire le marché pour mon restaurant, je sollicitais les Wôtro. Mais depuis que les tricycles ont fait leur apparition, je les préfère parce qu’en plus d’être rapide, l’on peut monter à bord », témoigne Ahou Eugénie, vendeuse d’aloco au carrefour Victor Loba (Angré).

Comme cette restauratrice, ils sont de plus en plus nombreux à solliciter ces trois roues made in Chine au point où les Wôtrotigui (pousseur de charrette) ont du mal à avoir des clients. Ce qui oblige nombre d’entre eux à changer de métier : « J’étais pousseur de Wôtro, comme mon commerce ne marchait plus, je suis allé passer mon permis pour me reconvertir en chauffeur de tricycle. Ensuite, j’ai emprunté de l’argent aux membres de ma communauté qui m’ont fait un prêt de 1.000.000 Fcfa. Aujourd’hui, tout marche bien. Je n’ai pas moins de 10.000 Fcfa par jour comme recette et j’ai pratiquement fini de payer ma dette », révèle Ibrahim Zompda.

Outre les charretiers qui voient leur activité fondre comme peau de chagrin, d’autres moyens de transport populaires, tels que les véhicules de type bâché et les camions de 10 tonnes sollicités pour les déménagements et le transport de divers objets, sont aussi confrontés à la concurrence des motos-bagages à trois roues.

« Pour les déménagements d’un quartier à un autre, certains clients préfèrent les tricycles parce qu’ils trouvent qu’ils sont moins coûteux que les bâchés et les Kia », explique avec dépit Tobi Alex, chauffeur de camion bâché à Yopougon Siporex.

Bien qu’ils soient un moyen de transport à risque à cause de conducteurs qui ne connaissent pas parfois le code de la route, qui sont coupables de mauvais dépassements et d’accrochages, la silhouette fragile des tricycles fait désormais partie du paysage des centres urbains de Côte d’Ivoire.


Eugénie Coulibaly S. 


Rédaction