image Une Passionaria de la transformation des produits agricoles alimentaires en Côte d'Ivoire

Coulibaly Alimata


Directrice générale de l’entreprise Les Précuits GLP

Une Passionaria de la transformation des produits agricoles alimentaires en Côte d'Ivoire

Une Passionaria de la transformation des produits agricoles alimentaires en Côte d'Ivoire

Coulibaly Alimata est une figure ivoirienne emblématique de la transformation des produits alimentaires. Lors des jeux de la francophonie, celle qui est la Directrice générale de l’entreprise les Précuits GLP a livré les secrets de ce métier qui séduit de plus en plus de compatriotes.

La transformation des produits agricoles alimentaires locaux connait un certain dynamisme. Comment expliquez-vous cela ?

Il y a plusieurs raisons à cela. Il faut dire que de nombreuses femmes ivoiriennes, aujourd’hui, n’ont plus le temps d’aller au marché pour faire les achats des produits vivriers. Nous donnons une opportunité aux consommateurs d’avoir des produits finis prêts à être consommés dans moins de 30 minutes. Par exemple, au lieu de deux jours de travaille pour obtenir une simple bouillie de mil, avec les granulés de mil que nous mettons sur le marché, la femme peut revenir du boulot et en 10 minutes, faire une bouillie pour sa famille. Cela est valable pour le fonio précuit que nous vendons. Toutes ces méthodes permettent aux femmes de consacrer leur temps à autre chose que de passer toutes leurs journées à faire la cuisine. D’ailleurs à force de faire la cuisine, la femme n’a plus envie de manger quand elle a fini. Nos produits sont des produits sains et naturels qui permettent de gagner du temps. Dans un contexte d’intérêt de plus en plus croissant pour les produits bio, le gain de temps pour les familles africaines qui veulent consommer des mets africains joue en notre faveur.

La transformation des produits alimentaires, c’est un métier. Jusque-là, cette activité en Côte d’Ivoire était totalement artisanale, dévolue à l’informel

En quoi la transformation de produits alimentaires consiste-t-il ?

La transformation des produits alimentaires, c’est un métier. Jusque-là, cette activité en Côte d’Ivoire était totalement artisanale, dévolue à l’informel avec l’attiéké, l’alloco, les jus, les farines et bien d’autres produits comestibles bien connus par les Ivoiriens.

Avec l’attractivité des emballages, nous pénétrons les grandes surfaces et importons. Nous avons réussi à réduire le fossé entre les produits alimentaires transformés localement et les produits importés

Dans la plupart des cas, tout cela n’était pas fait dans un cadre entrepreneurial formel, avec des process de production formalisés. Mais depuis une dizaine d’années, les choses évoluent positivement. Bien que l’informel domine encore, nous sommes passés avec nos produits au stade de la labélisation, de la normalisation, de la codification. Avec l’attractivité des emballages, nous pénétrons les grandes surfaces et importons. Nous avons réussi à réduire le fossé entre les produits alimentaires transformés localement et les produits importés. Nous avions l’habitude de voir les produits locaux au bas des étagères et les importés en haut. Du point de vue marketing, c’était discréditant. Mais aujourd’hui, nos produits sont bien placés, ils sont partout sauf en bas.

Sont-elles nombreuses les femmes à suivre votre exemple ?

Le réseau des transformatrices des produits alimentaires a gagné en maturité et en volume.

Oui, bien entendu ! Le réseau des transformatrices des produits alimentaires a gagné en maturité et en volume. Ses membres se dénombrent sur toute l’étendue du territoire national. Les femmes qui nous rejoignent ont généralement un savoir-faire culturel qu’elles viennent améliorer au sein de ce réseau. Elles s’investissent à fond dans ce qu’elles font. Elles sont nombreuses, gaies et fières de ce qu’elles font. Je ne peux que m’en réjouir. Toutefois, je suis convaincue que la mécanisation de la transformation peut attirer davantage de personnes, notamment les hommes qui sont encore minoritaires dans ce secteur d’activité.

Comment comptez-vous venir à bout du problème de la qualité des emballages que bon nombre de vos membres rencontrent ?

Nous devons mutualiser les achats d’emballages pour les exportations. Lorsque nous achetons les emballages en détail, le prix de revient est très élevé, ce qui empêche certaines d’emballer leurs produits correctement. Les transformatrices de Côte d’Ivoire ont aussi grand besoin d’un espace d’incubation où toutes celles qui sont intéressées par la transformation viendront parfaire leur savoir et exercer selon les normes agro-alimentaires requises.


LA BIO

Nom

Coulibaly Alimata, dit Matou

Formation

Chimie, Biologie à l’Université d’Abidjan

Les réseaux
  • Présidente du réseau national des agro-transformatrices de Côte d’Ivoire
  • Présidente du réseau des transformateurs et transformatrices des produits alimentaires en Côte d’Ivoire (RETPACI)
  • Coordonnatrice du Projet d’appui au développement des entreprises transformatrices des alimentaires locaux (PADEC)
  • Membre de Compétences Solidaires (CS), association ivoirienne de femmes engagées contre le gâchis, le pourrissement des produits vivriers, dans les champs, les magasins, les foyers, et contre la pénibilité du travail de la femme africaine dans ses tâches ménagères.
La Marque

Les Précuits GLP

Les produits
  • Les granulés de mil, maïs, riz pour la bouillie
  • La farine de mil, maïs, riz pour adultes et enfants
  • Le couscous de maïs, couscous de mil
  • Les légumes et assaisonnements culinaires : le Soumbara (graines de néré), la pâte de pistache, la poudre de pistache, le akpi (ricinodendron ou eugusi)
  • L’attiéké frais et déshydraté
  • La farine de soja
  • Le fonio précuit
  • La farine infantile enrichie MISOLA
  • Le jus de gingembre, de bissap à longue conservation sans congélation
  • Le dêguê ou yaourt africain
Les Distinctions
  • Prix de l’Emergence agricole au Salon de l’Agriculture et des Ressources Animales (SARA) : (2016)
  • Prix de l’Excellence de la meilleure initiative en matière de valorisation des production agricoles. (2015)
  • Prix pour la contribution à la Valorisation de l’agriculture en Côte d’Ivoire au cours des journées de la valorisation de l’agriculture à Yamoussoukro. (2013)
  • Ambassadrice pour la Promotion des PME en Côte d’Ivoire au cours des journées promotionnelles de l’artisanat et des PME en Côte d’Ivoire par le Ministère du commerce et de la promotion des PME. (2013)
  • Prix Femme gagnante de l’ONG Plate-forme des femmes pour gagner (PFG), reconnaissance aux femmes qui commencent leurs activités avec très peu de moyens et qui par force de travail, finissent par GAGNER. (2010)
  • Prix FEMME BF, modèle UNILEVER, décerné aux femmes qui excellent dans leurs domaines d’activité. (2006)
Citation préférée

« Lorsque vous croyez en une idée, il faut vous y accrocher, même désespérément jusqu’à ce qu’il vous soit prouvé que vous avez tort» GHANDHI

Contacts

Mail : glplesprecuits@yahoo.fr
Site internet : www.lesprecuitsglp.over-blog.com

A.S.K