Vente à la criée dans les cars, éloquence et comédie : la clé du succès

Vente à la criée dans les cars, éloquence et comédie : la clé du succès

Un nouveau type de commerce a fait son apparition depuis quelques années, il s’agit de la vente à la criée de divers articles dans les cars de transport. Des commerçants qui allient éloquence et comédie pour écouler leurs stocks de marchandises sont de plus en plus présents dans nos différentes gares.

A Adjamé à la station Texaco, des vendeurs à la sauvette n’hésitent pas à investir les Gbaka (minicar de transport) pour vanter la qualité de leurs produits. Pendant que les passagers montent dans le minicar, un vendeur de médicaments fait autant et se met à vanter les bienfaits de l’huile de Drobo, une huile qui aurait des vertus dignes de potions magiques, vendue à 1000 Fcfa le sachet, dont le contenu ne peut même pas remplir une petite tasse à café. Les clients se l’arrachent, ceux qui l’ont déjà utilisée soutiennent qu’il aurait été mis sur pied par Drobo II, l’homme qui aurait trouvé le remède du Sida dans les années 90. Dès que le Gbaka fait le plein de passagers, il descend aussitôt pour se diriger vers un autre qui attend des passagers .

A la nouvelle gare d’Agban, N’guessan Armel Fabrice, titulaire d’un master en sociologie de l’université Félix Houphouët Boigny de Cocody a une éloquence qui ne laisse personne indifférent. « J’attends que le camion soit à moitié plein avant de présenter mes produits aux passagers. Aujourd’hui, je vais leur présenter des médicaments contre les vers : Tanzol ». Il nous montre le paquet qui semble déjà vide à cette heure de la journée.

A la gare de Divo situé à la grande gare d’Adjamé, un autre vendeur de « médicaments de car » s’est rendu célèbre à cause de son sens de l’humour, lui c’est un vrai comédien comme le disent certains de ses amis. Dès que le car se met en route, il monte à bord et une fois arrivé sur l’autoroute, il commence à magnifier les propriétés de ses produits. « Si tu donnes l’argent à une fille et que tu n’arrives pas à la satisfaire au lit, ta place se trouve à la CPI parce que c’est commettre un crime contre l’humanité », les passagers se mettent aussitôt à rire. Et d’ajouter : « Si tu es dans ce cas viens ton médicament est là, vient le chercher ». Après une heure de route, l’immense sac de médicaments est pratiquement vide. Heureux, d’avoir fait de bonnes affaires, il descend à Tiassalé et se dirige vers un autre car en partance pour Abidjan.

Pas de complexe pour réussir

Pour pouvoir être un bon vendeur à la criée, il ne faut jamais avoir de complexe comme l’explique N’guessan Armel Fabrice. « Je n’ai pas de complexe parce que pour réussir il faut faire fi de tout préjugé. C’est vrai, cela peut faire mal de voir ses amis qui occupent de hautes fonctions dans l’administration, mais quand on se fixe des objectifs on peut y arriver. Voyez-vous, je rentre avec 14000 Fcfa le jour où ça marche ou 6000 Fcfa quand ça ne marche pas. Avec cet argent, il m’appartient de m’organiser pour faire ce dont je rêve. C’est-à-dire créer ma propre structure ». 

Rédaction