Vente de monnaie : Un commerce illicite qui se bonifie d’année en année

Vente de monnaie : Un commerce illicite qui se bonifie d’année en année

La vente de la monnaie est une activité proscrite par les autorités ivoiriennes, ce depuis des années. Malgré l'interdiction, cette activité se pratique au vu et au su de tous et prend même de l’ampleur.

Le Plateau, quartier des affaires, est la plaque tournante de ce commerce d’un genre particulier. Devant le siège de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), des individus vendent des nouveaux billets de banque contre des anciens. Ces ‘’commerçants’’ ont en leur possession des liasses de nouveaux billets de toutes les coupures (500Fcfa, 1000Fcfa, 2000Fcfa, 5000Fcfa et 10.000Fcfa) rangés soigneusement dans des enveloppes kaki.

Ils prennent 10% des montants échangés. « Ici, nous échangeons des nouveaux billets contre des anciens. Nous prenons seulement 10%. Exemple celui qui veut la monnaie de 10.000Fcfa, nous lui remettons 9000Fcfa », a révélé Youssouf Sana, échangeur de billet de banque bien connu par tous ceux qui fréquentent ce lieu.

Cet homme, selon ses propres dires, arrive à évacuer plusieurs centaines de milliers de francs par jour, voire des millions. Ces meilleurs clients sont les commerçants, des transporteurs, des jeunes qui pour faire le malin préfèrent avoir en leur possession des billets flambant neufs.

Pour s’approvisionner, Youssouf Sana, qui n’est pourtant pas agent de la BCEAO, sait qu’il peut compter sur ses réseaux au sein de la banque, laisse-t-il entendre à demi-mot.

Le marché CCIA dans la danse

Le marché de la CCIA, situé entre le palais de justice et l’immeuble CCIA qui abrite le siège de la Banque africaine de développement (BAD) est aussi un lieu où l’on trouve des vendeurs de monnaie. Mais là, contrairement à la BCEAO où ce ne sont que de nouveaux billets qui sont vendus, on vend toute sorte de billets, vieux comme neufs. Le pourcentage est le même : 10%.

C’est un commerce qui ne se cache point bien qu’il devrait être dans la clandestinité du fait de son caractère illicite. Ainsi, lorsque des personnes sont en quête de petite monnaie de 500 Fcfa, voire 1000 Fcfa pour emprunter le bus où faire la photocopie d’un document, elles sont très vite orientées vers ces vendeurs de monnaie par des démarcheurs qui apostrophent tous ceux qui arpentent ces artères.

Ce commerce, il faut le dire, est l’une des causes du manque de la petite monnaie qui sévit actuellement à Abidjan. Une situation qui porte préjudice à l’économie nationale.


Eugénie KOUAKOU S 


Rédaction