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Manager par la confiance

Anachronisme ou naïveté coupable aux yeux de bon nombre de personnes, la confiance au même titre que l’amour déchaîne les réflexions pessimistes et controversées dans notre société postmoderne. Recherchée frénétiquement mais tenue à distance, la confiance, toujours plus friable, visiblement, n’inspire pas confiance. 
Aussi, n’est-il pas rare dans notre société africaine de voir les gens tourner le regard, nostalgiques, vers une époque lointaine et fantasmée où les Hommes d’honneur n’avaient qu’une seule parole. 
Face à un discours public ostensiblement désacralisée, à l’apostasie et à l’hypocrisie qui prospèrent en toute confiance, les promesses semblent ne plus engager que ceux qui croient en elles…
Sceptiques, pessimistes, théoriciens du complots, anarchistes, rebelles et misanthropes en tout genre fourmillent dans ce marécage gigantesque de désabusés. 
Pourtant, la confiance est une valeur fondatrice à la base de toute relation durable en société. Un couple, deux amis, deux pays, des partenaires d’affaires, un patron et ses collaborateurs ne pourront faire perdurer leur lien que sur la base de la confiance.
Dans un contexte économique mondiale difficile où les entreprises ont une montagne de défis à relever pour survivre, alors même que la confiance y est souvent altérée, elle n’en demeure pas moins une valeur cardinale qui ouvre le chemin du succès et pérennise les acquis. 
Son importance pour l’entreprise est d’autant plus cruciale qu’il faut parvenir à mettre en confiance des dizaines, des centaines, voire des milliers de collaborateurs dont inévitablement des personnes qui ne croient plus en rien.
Il faut l’avouer, ce n’est pas une sinécure. C’est même un défi colossal comme celui de Sisyphe dans le mythe, condamné à rouler la pierre sans cesse. Car bien que recherchant le compromis, sans relâche, avec les partenaires sociaux, les pierres d’achoppement ne manquent pas, bien évidement. 
La prospérité d’une entreprise tient pour beaucoup à une forte adhésion des collaborateurs à la stratégie et à la politique déclinées par les dirigeants, la cohésion des partenaires, une synergie d’action, une vision commune, des valeurs partagées, etc. 

Mais tout cela n’est possible que dans un climat de confiance où chacun regarde l’avenir avec sérénité. Les écueils inhérents à toute entreprise humaine seront toujours là pour éprouver l’engagement et les limites des uns et des autres. Mais un discours crédible, responsable et honnête, sans scories ni fioritures, est alors indispensable de la part des premiers responsables.   

Le manager doit travailler à rendre explicite tout ce qui est implicite s’il veut instaurer et entretenir la confiance. 

Pour se faire, il faut d’abord clarifier les règles communes de fonctionnement, les missions et les responsabilités des uns et des autres, les objectifs et les valeurs de l’entreprise. 

Cependant, si la clarification des règles est un premier jalon dans le sens de l’instauration de la confiance, elle n’est qu’un début de solution. Parce que la confiance est davantage de l’ordre de la relation que de l’organisation. Laquelle qualité de la relation dépend largement de l’attitude du manager qui doit être à l’initiative. 

Croire en l’Homme, ne pas rester perché sur son égo et sur ses certitudes, fédérer autour d’une vision et d’une identité communes, associer à la prise de décision, faire la promotion de la transparence, être proche des collaborateurs, libérer l’expression et respecter ses engagements sont entre autres des postures qui doivent guider l’action du patron.

Qu’il brise ce fil menu, parfois trop tendu, parfois trop lâche, au gré des circonstances qui lie ses collaborateurs à l’entreprise, et le dirigeant perd tout contrôle et tout va en vrille pour le malheur des uns et des autres.

La confiance génère la confiance. Cela est bien vrai !

Les entreprises portées outrancièrement sur le contrôle, le reniement, engendrent forcément les envies de détournement et de trahison. Car contrairement à la confiance, la méfiance génère la méfiance et le goût de la transgression. 

Un collaborateur traité comme un adolescent, va se comporter comme un adolescent. Par contre, dans la majeure partie des cas, un collaborateur qui bénéficie de la confiance de ses dirigeants saura se montrer à la hauteur de la mission qui lui est confiée.