image Pas de place pour les ‘’Je sais tout’’ du métier des autres, les opportunistes et les bricoleurs

Pas de place pour les ‘’Je sais tout’’ du métier des autres, les opportunistes et les bricoleurs

Avoir un métier, pratiquer un métier, être un homme ou une femme de métier, être un professionnel ou un spécialiste… Tout cela revient à dire une seule chose : que l’on a appris pendant de longs mois ou de longues années à l’école ou auprès d’un maître la pratique d’une activité, la réalisation d’une tâche devenue notre gagne-pain. Cela veut dire aussi que l’on a acquis le savoir, le savoir-faire, le savoir-être, les réflexes qui permettent d’exercer des choses complexes, l’air de rien. C’est à dire qu’on a fini par maîtriser les subtilités et les nuances de gris, que l’on a percé les secrets les plus intimes, les mystères les plus profonds de l’activité. In fine, que l’on fait corps avec l’âme de son métier. Et les professionnels correspondant à cette description, il en existe des tonnes en Côte d’Ivoire étant donné que beaucoup sont allés à la bonne école, mais aussi parce que les métiers se comptent par centaines et que des nouveaux s’en créent tous les jours au gré de l’évolution du pays et des besoins de nos concitoyens.

Les hommes et femmes de métiers, parcourus de savoirs anciens et nouveaux, pétris de talents et d’adresse à force d’exercices, mais humbles parce que toujours en quête de perfection, font avancer le pays par leur potentiel créatif, projette le pays dans le futur en tutoyant leurs propres limites, patiemment mais témérairement.

Mais comme les faux prophètes, il existe aussi ces individus maladroits et prétentieux qui refusent de gouter au délice du savoir-faire qui induit le savoir- être pour ne s’accrocher avec hargne qu’à leur savoir théorique souvent éculée.

Du haut de son arrogance, untel sait mieux que l’architecte comment faire le plan d’une maison…Conséquence : nos habitations deviennent des châteaux de carte qui s’effondrent à la moindre petite pluie. Du haut de ses certitudes dépassées ou erronées, untel sait mieux que le géomètre-expert comment gérer la question foncière…Conséquence : les conflits fonciers prolifèrent avec leurs corolaires de victimes dans la capitale comme à l’intérieur du pays.

Opportuniste éhonté, tel autre sait mieux que le journaliste comment faire le travail du journal…Conséquence : les délations, les tournures défectueuses, la violence des mots, emplissent nos yeux et nos oreilles ; puis c’est la guerre, inévitablement. Suivez mon regard.

Ces personnes qui prennent le travail des autres de haut, qui croient tout savoir et qui ne savent rien, ces sortes d’individus méprisables qui méprisent le métier des autres mais adorent emprunter les boulevards qu’il ouvre sont les ennemis du progrès, des profiteurs sans scrupule qu’il convient de combattre sans relâche par une régulation rigoureuse des différents corps de métiers, mais surtout par des tribunaux des pairs plus dynamiques que jamais !

Kaëli Jean-François