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Sortir le nez du guidon

On ne compte plus dans notre pays ces hommes de métier ‘’bons’’ d’un point de vue technique, professionnels par une parfaite maîtrise des subtilités de leur activité, qui s’assurent d’honorer les commandes de leurs clients avec un savoir-faire indéniable.

Mais là n’est pas le plus important.

Qu’il soit ébéniste, maçon, ferronnier, commerçant, entrepreneur, dresseur, charpentier, cordonnier, restaurateur, pâtissier, et j’en passe, les gens de métier qui travaillent à leur propre compte ont tellement souvent le nez dans le guidon qu’ils ne savent plus contempler l’horizon !

Entre le métier et encore le métier, ce sont des petits patrons totalement absorbés qui n’ont le temps pour rien d’autre en dehors de leur famille.

Ainsi, les questions liées à l’organisation, à la visibilité, à la gestion et à la pérennité de l’affaire ne sont pas des priorités. L’essentiel étant d’avoir la main à la pâte. Toujours. Pour subvenir aux besoins de la famille.

Mais les cycles ne seront pas toujours favorables sans préparation. Il faut anticiper…

La gestion de son atelier, la visibilité qu’on lui donne, la transmission du savoir, la construction d’une équipe engagée, demandent que l’homme de métier qui a sa propre affaire sorte le nez du guidon pour embrasser toute la complexité de son activité et garantir ainsi sa pérennité.

Une chose est sûre : si votre savoir-faire vous assure une certaine crédibilité, garantir la survie de votre affaire vous en demandera plus. N’oubliez surtout pas que des concurrents, plus jeunes, plus ouverts d’esprits, plus motivés, affluent presque tous les jours sur votre segment d’activité.

Les hommes de métiers établis à leur propre compte sont souvent comme des autistes insensibles au monde qui les entoure, absorbés qu’ils sont par leur processus de création.

Ces hommes et femmes, surtout les artistes et les artisans, toujours à la recherche d’originalité, sont des rêveurs qui ne s’embarrassent pas des règles du management le plus élémentaire.

Il n’est pas rare que la poche de l’homme de métier et celle de sa structure se fondent pour donner un mélange innervant.

Ces hommes pétris de talent, renfermés sur eux-mêmes, oublient que dans un monde dont la communication envahit toutes les sphères de la vie, il faut parler de soi, mais il faut savoir-parler de soi et opportunément.

Certains veulent tout faire, y compris ce qui ne relève pas de leur domaine de compétence : la comptabilité, la com, l’infographie, les courses, la décoration, le standard, le secrétariat... Les apprentis viennent, apprennent et repartent sans qu’on leur propose des options conséquentes. Cela arrive souvent alors même que l’entreprise est sur une bonne pente et qu’elle devrait être mieux s’organisée.

Manque de confiance en soi et en autrui, rigueur drastique dans la gestion ou manque de vision ? Ces petits patrons oublient-ils qu’ils ne sont pas des robots, surtout qu’ils ne sont pas éternels ?

Il faut rechercher les compétences et s’en entourer de quelle que façon que ce soit. Indépendamment des considérations financières qui pourraient être objectées à cette idée, disons qu'il s’agit avant tout de volonté, de vision à long terme, de compréhension des évolutions de notre société.

Tout compte fait, une bonne organisation de son activité permet de mieux exceller dans l’art d’exercer son métier.